à 6 jours du solstice d'été
an 116 Dy
Les lueurs naissantes de l'Aube proche éclaircissaient l'Orient. Malgré le temps radieux, les bruits de la forêt étaient estompés par la rumeur bruyante de la troupe armée qui passait par la route qui la traversait, en route vers la campagne de combat qui faisait rage plus au nord.
Le Capitaine a levé le bras. En quelques instants, le temps à paru retenir sa respiration, la forêt elle-même a paru sujette à une tension palpable. Et au moment même où le bras s'abaissa, l'Ombre s'abattit sur la troupe dans un sifflement assourdissant, prenant les esprits soucieux et éreintés au dépourvu. Les flèches par centaines passèrent au travers des arbres pour se faufiler jusqu'aux soldats qui tombaient, les uns après les autres.
Avant que quiconque n'ai vraiment compris ce qui s'était passé, les forces amoindries ne sachant d'où se défendre furent fauchés par la charge de notre cavalerie de lanciers qui surgirent sur le chemin de l'orient alors qu'un mur de feu à l'allure d'équidés infernaux leur coupaient toute retraite et tuait à coups de sabots ce qui s'enhardissaient à passer.
Les survivants furent tués en quelques minutes, impitoyablement. Aucun survivant, aucun prisonnier. Aucun témoin.
Enfin, le silence retomba. Très vite remplacé par la clameur de notre propre troupe. Encore une victoire éclatante. On récupéra tout ce qui pouvait l'être, comptant et alignant les cadavres.
Tandis qu'on apportait au Capitaine le compte de la bataille, un soleil rougeoyant fit enfin jour par dessus la crête de la côte, entre les arbres, nimbant la scène sanglante de ses reflets flamboyants.
Cinq cent quatre-vingt sept cadavres, dont deux Sorciers, et vingt-trois Nobles. Pas un seul de notre côté, seulement trois blessés. Entaille était de ceux-là, comme toujours.
Le capitaine alluma ce qui ressemblait à une cigarette avec une branche qui se consumait encore, puis remonta la piste jusqu'à la crête, le visage inondé de la lumière du soleil. En se retournant, il fit face à la Compagnie, et contempla leur travail.
Encore une victoire. Encore une scène sanglante sur laquelle ils avaient aposée leur marque. Au moment où Prêcheur et Père Loun, d'un bel unisson, plantèrent la bannière dans la pente, au milieu du charnier, puis tirèrent leurs épées, la compagnie rugit de plus belle, scandant leur cri de guerre.
Le capitaine sourit devant la scène. Encore une victoire. Le soleil rouge, dardant ses rayons au dessus des flots, sur fond noir, flottait dans la brise, et tout autour, chacun était fier de servir sous ce symbole. Chacun se sentait un rayon de cet astre.
Encore une victoire. Encore une bataille remportée par la Compagnie de l'Aube Rouge.
" Ô combien nous méritons et portons bien notre nom " songea le capitaine en voyant ce spectacle. Et Gamin, le sourire aux lèvres, qui le rejoignait.
Une nouvelle aube rouge se lève. Les annales la commémoreront comme de droit.
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Une heure plus tard, quand les cavaliers du seigneur Ruka arrivèrent, tentant de rejoindre la troupe que leur maitre avait envoyé en avant, ils en furent pour leurs petits déjeuners. Au milieu du champs de cadavres, l'étendard noir et rouge flottant dans le vent était planté à travers le corps du commandant de la section.